Question identitaire : première phase du vrai changement.

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Paroles d'une coach
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© Crédits photos : SomeDriftwood

La question identitaire1 est très certainement la question la plus fondamentale et la plus complexe qui soit. En effet derrière une simple question « qui suis-je ? », nous nous trouvons confrontés à notre identité individuelle, mais aussi à notre identité sociale. Suffit-il de scander « je suis Jean ou je suis Mohamed ou même je suis Charlie » pour répondre réellement à cette question ?

Dans l’accompagnement au changement, je suis toujours étonnée de la puissance de cette remise en question pour les individus et les institutions. Elle arrive de manière incontournable suite à un cycle sans relâche d’actions qui s’épuisent. En effet, l’aspect impermanent de la vie amène les référentiels statiques, les cadres de fonctionnements rassurants, érigés comme vérités absolues,  à s’épuiser d’eux même.

Au bout d’un moment, les actions menées atteignent une sorte de non sens dans cette incohérence observée entre ce qui devrait être et ce qui est. « La carte n’étant pas le territoire »2, toutes ces visions futures, créées jadis dans le but de motiver l’envie d’avancer ensemble, se retrouvent confrontées au principe de réalité.

Bien sûr pendant un temps, il est bien plus confortable de réévaluer simplement les actions et de ne remédier que sommairement à ce qui est à faire. Mais au bout d’un temps, ces actions de remédiation s’accumulant, l’état des lieux arrive comme un couperet. Nous observons la saturation, le ras le bol, la révolte interne silencieuse qui s’est nourrie de l’observation de ces incohérences et actions insuffisantes pour apporter le vrai changement nécessaire au réalignement de ce qui est. C’est alors que dans ce contraste entre l’idéal et le réel, nous nous sentons dans une impasse. Impossible alors d’émettre une nouvelle action dans ce cadre devenu obsolète.

© Crédits photos : Sebastien Wiertz

Et si ce changement n’est pas maîtrisé, c’est-à-dire accompagné en temps réel avec toute la lucidité de ce qui est réellement et non pas ce qui est projeté sur cette réalité, il suffit d’un évènement extérieur, d’une goutte d’eau, pour faire vaciller tout le cadre.

C’est alors que dans ce bouleversement, pouvant devenir salutaire, arrive l’opportunité du vrai changement. Soudain, le chaos nécessaire pour amener LA vraie question identitaire est là, juste là dans l’ici et maintenant. La question incontournable et qu’il ne vaut mieux pas contourner afin de ne pas nourrir ce chaos arrive et nous devons la regarder en face.

Dans cette phase, impossible de trouver l’énergie pour être dans l’action, nous sommes profondément dans l’Etre avec ses remises en questions bouleversantes, déstabilisantes. Car face à cette question de « qui suis-je ? » nous nous trouvons confrontés à la prise de conscience qu’une partie de nous n’est pas ou n’est plus car construite par notre histoire, nos croyances (au sens large), nos blessures et la manière dont on a su les gérer… Nous nous confrontons à notre masque social, à notre Ego. Nous sommes alors vulnérables, non pas fragiles, mais bien vulnérables car mis à nu !

Vulnérables à quoi au fond ?  Vulnérables à la vie. Nous ressentons alors au plus profond de nos tripes cette énergie ambivalente de vie et de mort. Nous nous sentons ballotés, malmenés dans cette phase de marasme interne. Car oui, nous entrons réellement dans cette vraie remise en question identitaire quand elle nous touche au plus profond de nous. Et tout l’enjeu est de retrouver notre équilibre personnel pour pouvoir mettre à jour le référentiel commun et retrouver l’équilibre social. Là se trouve notre responsabilité individuelle, celle de se poser réellement sur soi afin de retrouver cette envie d’être en vie et d’avancer ensemble, cette sensation intime que la seule réponse valable à la question « qui suis-je ? » est bien : je suis et je vibre la vie car je suis en phase avec l’humanité qui se trouve en moi.

Sabrina PIDOLOT

Coach de vie, formatrice et consultante en entreprise, Sabrina Pidolot est diplômée de Formation Supérieure de Coaching de vie et d’entreprise à l’Université Européenne des Sciences et Ressources Humaines. Elle est également certifiée en Hypnose Ericksonienne, PNL et AT.

  1. référence à la 3ème phase du cycle du modèle d’Hudson
  2. Alfred Korzybski est auteur de l’aphorisme : « une carte n’est pas le territoire. » Vous pouvez trouver son œuvre à travers le livre en français « Une Carte n’est pas le Territoire », version Lyber aux Editions de l’éclat

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