Être ou paraître

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Paroles d'une coach
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© Crédits photos : Virginie D.

La société d’aujourd’hui nous amène à “re-panser” notre identité. En effet, le tourbillon d’informations continues aux saveurs de faits divers fortement épicées, accompagnés d’images truquées d’individus “Barbie-stifiés” à la sauce médiatique et marketing, constituent notre pain quotidien.

A chaque détour de panneaux publicitaires, de magazines et de spots télé, de la rue à notre téléphone, jusqu’à chez soi, nous voici envahis par ces représentations imposées comme modèles formatés, considérés comme socialement acceptables et correctes… sans parler des représentations professionnelles qui nous enferment dans des masques sociaux, tels des modèles exigus ne laissant pas de place à l’Etre spontané et créatif, ne laissant pas place à la vie.

Sans cesse sollicités, lobotomisés, stimulés, nous oublions de nous poser pour simplement Etre, en sentant la vie en soi. Au lieu de découvrir que c’est à partir de notre intérieur que nous créons notre monde extérieur, on laisse l’extérieur étouffer notre intériorité. Nous nous perdons dans cette société où l’on nous fait croire que des « actions », au sens propre comme au sens figuré, accompagnées de leurs objets, ont plus de valeurs que les Etres eux-mêmes.

Alors pour combler ce manque d’estime de soi qui en découle, nous cherchons à Etre socialement acceptable, et finissons par nous construire une image superficielle de paraître, un masque qui finit par mener notre vie à notre place, car cette identification nous contraint à faire des choix basés sur les apparats. Et c’est dans cette perte d’intégrité que les Etres se dés-intègrent et se perdent.

Quand l’existence se résume à s’identifier à ses actes et ses possessions, ne sommes nous déjà pas hors sujet de la vie ? Finalement, ne substituons nous pas le fait “d’Etre en vie” par le “faire envie” et l’ “avoir envie” ?

Nombreux sont ceux qui se lâchent la main et expriment leur détresse silencieuse par une « mal à dit ». De burnout en maladies auto-immunes en passant par le stress et les dépressions, nombreuses sont les alertes exprimées par notre Etre profond. Quel dommage de rester silencieux à soi, silencieux à notre vie ! Quel paradoxe quand notre société de performance nous pousse à maîtriser plusieurs langues afin de s’adapter à l’extérieur alors que l’on omet de maîtriser la langue la plus fondamentale qui soit, celle de notre intérieur, celle de la vie qui est en soi !

Face à ce constat comment se retrouver et Etre soi ? Et bien, simplement en changeant de paradigme pour retrouver le bon sens :

  • Tout d’abord, sortir de l’illusion de progression linéaire contre nature. En effet, la vie est faite de cycles avec des «montées de sève » et des redescentes. Intégrer ce concept nous permettra de « récolter les vrais fruits » de cette vie et de l’aider à avancer en trouvant l’équilibre. Après tout, n’est ce pas grâce à l’équilibre que l’on reste debout ?
  • Ensuite sortir de cette conception où c’est le « dehors » qui définit le « dedans », en se responsabilisant et acceptant que le mouvement bienveillant et efficace part du « dedans » pour apporter au « dehors ». Concrètement, à partir de qui je suis au plus profond de moi, qu’est ce que JE peux apporter à mon entourage et à la collectivité en phase avec mes valeurs vitales profondes ?
  • Pour continuer, se détacher de l’idée que l’apprentissage est apporté uniquement par la sacro-sainte école, exclusivement durant notre petite enfance. Ceci freine toute possibilité d’évolution et de remise en question. L’apprentissage, c’est au-delà d’un enseignement, c’est un état d’ouverture à ce qui est autour de nous. Apprendre consiste « à prendre » ce qui est « bon, vrai et utile »1 pour soi et laisser le reste. C’est pourquoi adopter l’apprentissage continu tout au long de sa vie, permet d’évoluer en phase avec nos besoins vitaux. Et vous quel Apprenti êtes vous ?
  • Enfin,  4ème paradigme qui est selon moi à la base de tout, il faut sortir de l’illusion de constance nous maintenant dans un immobilisme morbide. En effet la vie est le mouvement, mais pas le mouvement de brassage d’air par des actions continues. Il s’agit du mouvement issu du changement perpétuel, constitué de phases passant de l’introspection dans son Etre à la traduction de celui-ci par des actions allant dans son sens.

Ressentir et intégrer les phases du changement en soi et autour de soi permet d’évoluer en phase avec la vie. C’est un non sens abominable que de rester focaliser sur ce fantasme de constance et d’actions continues qui nous rend en dehors de notre vie jusqu’à devenir des mort-vivants ! Et vous, comment surfez-vous cette vague du changement, cette vague de la vie en somme ?

En résumé, nous pouvons continuer à paraître vivant en résistant au changement et en adoptant des masques sociaux nous définissant dans une apparence figée, jusqu’à ce que la vague de la vie nous rattrape et nous frappe de plein fouet, nous réajustant au principe de réalité… ou décider de devenir conscient de l’Etre vivant que nous sommes, pour apprendre à surfer la vague de la vie avec ses cycles qui nous permettent d’Etre en vie. Toute est une question de conscience et de responsabilisation.

Sabrina PIDOLOT

Coach de vie, formatrice et consultante en entreprise, Sabrina Pidolot est diplômée de Formation Supérieure de Coaching de vie et d’entreprise à l’Université Européenne des Sciences et Ressources Humaines. Elle est également certifiée en Hypnose Ericksonienne, PNL et AT.

  1. En référence aux 3 filtres de Socrate

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